Georges-Emmanuel Clancier
Limousin : Terre secrète - Ma province (1999)

 
Ma province est à la fois une et multiple, ici brumeuse, là soleilleuse, parfois âpre, ailleurs tendre, tantôt subtile, tantôt rude, résignée dans sa pauvreté pouvant voisiner avec la misère, puis soudain porteuse de révolte, d’audace et d’espoir, mais toujours, terres de collines et de vallées, de sources, de ruisseaux, de rivières, de prairies et de châtaigneraies, de villages plus que de villes. Terre ancienne qui suscite le songe et la légende, et dont la beauté n’est jamais voyante ni frivole, mais voilée de grâce et de mystère. De même, le caractère de ses fils et de ses filles est-il la plupart du temps marqué de réserve, de discrétion, mais aussi d’une attentive et tenace volonté et d’une aspiration profonde à rejoindre ce qui est caché au-delà des apparences (au-delà de la clôture mauve des collines à l’horizon), enclin aussi à rechercher et à vénérer l’énigme de la beauté. (…) Bref, les terres limousines sont terres de poésie. 

Georges-Emmanuel Clancier, Limousin : Terre secrète, La renaissance du livre, 1999, p.10.
© La renaissance du livre

L'œuvre et le territoire

Georges-Emmanuel Clancier est l’un des meilleurs connaisseurs du Limousin dont il connaît l’histoire et les légendes. Dans cet extrait, il dit ce qu’est la province limousine à ses yeux.

Limousin : Terre secrète

Sur les traces des Feuillandiers et des Porcelainiers du Limousin, à l’ombre des châtaigniers et des châteaux forts, nous explorons avec Georges-Emmanuel Clancier ses « Terres de Mémoire » qui s’étendent, d’une part, du côté de Châlus où fut tué Richard Cœur de Lion, la patrie de sa famille paternelle, d’autre part du côté de Saint-Yrieix, ville du kaolin et de la porcelaine, la patrie de sa famille maternelle. Au delà de ces deux versants du souvenir, l’Auteur nous entraîne également à la découverte des villages et des gens de son enfance et à la rencontre des grands auteurs limousins qui ont illuminé ses premières lectures : Giraudoux, Jouhandeau, Blanzat, Margerit...

Georges-Emmanuel Clancier

Né le 3 mai 1914 à Limoges, Georges-Emmanuel Clancier a des origines rurales, à la fois par sa mère (Saint-Yrieix-la-Perche) et par son père (Châlus). Citadin dans la vie, Georges-Emmanuel Clancier puise dans la nature et les campagnes limousines à la fois l’inspiration de son œuvre poétique et la matière de bien de ses romans. Après des études au lycée Gay-Lussac de Limoges, il étudie à Poitiers et à Toulouse, où il obtient une licence de lettres en 1937. Cette même année, il publie son premier roman, La Couleuvre du dimanche. Il ne cessera par la suite jamais d’écrire et de publier de la poésie, des romans et des œuvres autobiographiques. Résistant intellectuel pendant la Seconde Guerre mondiale, il est membre du comité de rédaction de la revue Fontaine et rencontre Francis Ponge, Eugène Guillevic, Joë Bousquet et Raymond Queneau.

Il mène une longue carrière de journaliste, de reporter et de producteur pour la presse écrite et la radio (Radio Limoges en 1945 puis Radio Genève, la BBC et la radiodiffusion française). Même dans ses romans, Georges-Emmanuel Clancier est un poète, en cela qu’il fait toujours appel au rêve, à l’imagination, aux légendes, voire au surréalisme. Il s’attache en permanence à ressusciter l’univers familier du pays natal, d’une enfance que le souvenir érige en âge d’or. On retrouve ces inspirations oniriques et terriennes dans ses recueils de poèmes (Le Paysan céleste, Vrai visage, Terre secrète, …), mais aussi dans ses romans, notamment dans le plus célèbre d’entre eux, Le Pain noir, histoire d’une famille modeste et pauvre qui gravite autour de la grand-mère, Catherine Charron, personnage à mi-chemin entre la création mythique et l’inspiration autobiographique.

Georges-Emmanuel Clancier parle d’ailleurs très souvent du rapport privilégié qu’il a eu à sa propre grand-mère maternelle : illettrée, il lui a appris à lire et à écrire alors qu’il n’était qu’un enfant, mais elle était une conteuse hors pair, une poétesse sans écriture, qu’il a écouté des soirées entières sans jamais se lasser, et qui continue de vivre dans sa plume, celle d’un des plus grands auteurs du XXe siècle, couronné dès 1971 par le Grand prix de littérature de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre.

Bonus

Localisation

Limoges (Haute-Vienne)

Bibliographie

Georges-Emmanuel Clancier : Passager du siècle , A. Albert-Birot, M. Décaudin (sous la dir.), PULIM, 2003.

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