Georges-Emmanuel Clancier, Limousin : Terre secrète, La renaissance du livre, 1999, p.10.
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Georges-Emmanuel Clancier est l’un des meilleurs connaisseurs du Limousin dont il connaît l’histoire et les légendes. Dans cet extrait, il dit ce qu’est la province limousine à ses yeux.
Né le 3 mai 1914 à Limoges, Georges-Emmanuel Clancier a des origines rurales, à la fois par sa mère (Saint-Yrieix-la-Perche) et par son père (Châlus). Citadin dans la vie, Georges-Emmanuel Clancier puise dans la nature et les campagnes limousines à la fois l’inspiration de son œuvre poétique et la matière de bien de ses romans. Après des études au lycée Gay-Lussac de Limoges, il étudie à Poitiers et à Toulouse, où il obtient une licence de lettres en 1937. Cette même année, il publie son premier roman, La Couleuvre du dimanche. Il ne cessera par la suite jamais d’écrire et de publier de la poésie, des romans et des œuvres autobiographiques. Résistant intellectuel pendant la Seconde Guerre mondiale, il est membre du comité de rédaction de la revue Fontaine et rencontre Francis Ponge, Eugène Guillevic, Joë Bousquet et Raymond Queneau.
Il mène une longue carrière de journaliste, de reporter et de producteur pour la presse écrite et la radio (Radio Limoges en 1945 puis Radio Genève, la BBC et la radiodiffusion française). Même dans ses romans, Georges-Emmanuel Clancier est un poète, en cela qu’il fait toujours appel au rêve, à l’imagination, aux légendes, voire au surréalisme. Il s’attache en permanence à ressusciter l’univers familier du pays natal, d’une enfance que le souvenir érige en âge d’or. On retrouve ces inspirations oniriques et terriennes dans ses recueils de poèmes (Le Paysan céleste, Vrai visage, Terre secrète, …), mais aussi dans ses romans, notamment dans le plus célèbre d’entre eux, Le Pain noir, histoire d’une famille modeste et pauvre qui gravite autour de la grand-mère, Catherine Charron, personnage à mi-chemin entre la création mythique et l’inspiration autobiographique.
Georges-Emmanuel Clancier parle d’ailleurs très souvent du rapport privilégié qu’il a eu à sa propre grand-mère maternelle : illettrée, il lui a appris à lire et à écrire alors qu’il n’était qu’un enfant, mais elle était une conteuse hors pair, une poétesse sans écriture, qu’il a écouté des soirées entières sans jamais se lasser, et qui continue de vivre dans sa plume, celle d’un des plus grands auteurs du XXe siècle, couronné dès 1971 par le Grand prix de littérature de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre.
+ La fiche de GEC sur le site du CRL Limousin
Georges-Emmanuel Clancier : Passager du siècle , A. Albert-Birot, M. Décaudin (sous la dir.), PULIM, 2003.