Michel Peyramaure est né en janvier 1922, à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, l’année où un sanglier a traversé la ville et pénétré dans un magasin à travers la vitrine, événement attesté par une plaque commémorative. Son lieu de naissance : le Théâtre municipal, où sa grand-mère maternelle exerçait les fonctions de concierge.
Première migration, toujours intra-muros : l’avenue de Paris, à cent mètres du Théâtre et deux cents du Pont Cardinal (Dubois), où son père venait de fonder une imprimerie pour travaux de ville et publications diverses.
L’enfance de Michel Peyramaure allait, jusqu’à l’âge de douze ans, se dérouler dans la maison occupée au rez-de-chaussée par l’atelier d’imprimerie. Son enfance a été imprégnée de l’odeur du papier et de l’encre, son encens. Son domaine favori : la vaste terrasse donnant sur la place du 14-Juillet, les jardins de la Guierle, le canal Le Clère, le Château-d’Eau… et le Théâtre municipal.
Peu de choses à dire sur les études de Michel Peyramaure. Élève plus que médiocre, il n’eut mérité qu’un premier prix, s’il eût existé : celui de la poésie. Il en écrivait une par jour et passait le reste du temps à regarder voler les pigeons, à l’École primaire, dite supérieure, Georges-Cabanis (enfant du pays), à Brive-la-Gaillarde, évidemment.
Remarque de son professeur de français : “Peyramaure est un crétin, mais un crétin de génie…”
L’atelier d’imprimerie ayant déménagé de trois cents mètres pour s’installer au centre-ville, dans un ancien établissement de moniales, Michel Peyramaure, ayant terminé ses études, à l’âge de dix-huit ans, devint imprimeur. Typographe dans un premier temps, puis linotypiste, tout en collaborant à La Corrèze républicaine et socialiste dont il animait la page littéraire hebdomadaire, à laquelle participaient des amis d’Henri Fabre : René Maran (Prix Goncourt) et Paul Reboux notamment.
Proche de la quarantaine, il franchit le Rubicon et causa un drame dans la famille en devenant journaliste dans la presse régionale : Le Populaire, Centre-Presse (de Robert Hersant), et enfin La Montagne, où il resta jusqu’à l’âge de la retraite, bien décidé à la passer dans sa ville natale, où il réside toujours, à deux cents mètres de l’imprimerie paternelle.
Le 10 juin 1944, Oradour-sur-Glane est anéanti par l’armée hitlérienne, dernière étape de la traversée sanglante du Limousin par la division Waffen SS Das Reich. Michel Peyramaure dans cet extrait de la Division maudite revient sur l’événement et les rumeurs qui ont couru dans les heures qui suivirent le massacre.